Plusieurs industriels de l'emballage plastique mettent en cause les pratiques de poids-lourds dont Ineos et Sabic, qui profitent du contexte tendu au Moyen-Orient pour renégocier leurs relations contractuelles.
Un cargo au large de Fujairah (Emirats arabes unis), dans le détroit d'Ormuz, le 25 février 2026 ( AFP / GIUSEPPE CACACE )
Le détroit d'Ormuz aurait-il bon dos? Les fabricants français de l'emballage plastique représentés par l'association Elipso ont accusé mercredi 15 avril des fournisseurs pétrochimistes, en citant notamment Ineos, LyondellBasell, Sabic et Indorama, de "hausses de prix spéculatives" et de "déclarations de force majeure abusives" en lien avec la guerre au Moyen-Orient.
Elipso, qui compte 125 adhérents réalisant 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, a dit mercredi sa "vive inquiétude face à la multiplication des déclarations de force majeure abusives par les producteurs de résines" plastiques. L'organisation mentionne notamment dans son communiqué le géant britannique Ineos, l'américain LyondellBasell, le saoudien Sabic et l'indonésien Indorama.
Les spécialistes de l'emballage estiment que certains producteurs de dérivés de pétrole ont recours de manière abusive à des notifications de force majeure. Ce, dans le but de renégocier avec ses clients "unilatéralement les conditions contractuelles" existant précédemment, pour imposer des hausses de prix brutales ou encore pour "favoriser les exportations vers des zones à plus fortes marges au détriment de l'approvisionnement européen".
Des "tentatives d'augmentation de prix atteignant au moins 400 à 500 euros par tonne
Selon Elipso, "les principes juridiques internationaux" définissent comme force majeure la résultante "d'un événement imprévisible, irrésistible et indépendant de la volonté des parties". Or toujours selon l'organisation, "de nombreux indices" laissent à penser que certains producteurs déclarent une force majeure "bien que non affectés directement par les perturbations logistiques du détroit d'Ormuz".
Carte montrant les deux routes maritimes alternatives imposées par la marine des Gardiens de la Révolution iraniens en invoquant la possibilité de "mines" sur l'itinéraire habituel plus au large du détroit d'Ormuz ( AFP / Valentina BRESCHI )
"Certains ont déjà annoncé des hausses significatives pour le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP), tablant sur des augmentations de marges substantielles en Europe et en Amérique du Nord", dit encore Elipso, pour qui des "tentatives d'augmentation de prix atteignant au moins 400 à 500 euros par tonne" menacent la viabilité des transformateurs.
Elipso incite ses membres à "contester formellement les notifications de force majeure erronées", assurant que "la jurisprudence rappelle que la simple augmentation du coût d'exécution d'un contrat ne constitue pas un cas de force majeure". "Nous ne pouvons accepter que la crise géopolitique soit utilisée comme un outil de manipulation tarifaire", a expliqué dans le communiqué Gaël Bouquet, directeur général de l'organisation.
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